Le Trial Français est-il mort ? Mon avis…

By on novembre 26, 2013

Je viens de lire le dernier Moto Verte avec le dossier spécial « Le Trial Français est-il mort ? ».

Et je dois dire que je suis d’accord avec la plupart des arguments qui sont avancés pour expliquer que le Trial en France, c’est plus ce que c’était.

Et en plus, avec la guéguerre sur le non-stop, il n’y a pas beaucoup de choses positives qui circulent sur le Web en ce moment…donc tout ça n’est pas fait pour véhiculer une image positive de ce super sport qu’est le Trial.

Donc, en ce qui me concerne, je préfère véhiculer des idées positives et je vais vous expliquer pourquoi je ne suis pas tout à fait d’accord avec 2 idées que j’ai vu passer et pourquoi, moi le poireau presque quarantenaire, je suis venu au Trial.

Et si le Trial va mal aujourd’hui en France, j’ai plutôt envie de dire que c’est tout simplement un problème d’image…

Alors oui, je ne suis pas dans le milieu du Trial depuis longtemps et oui je n’ai jamais pratiqué ce sport à haut niveau. Mais justement, c’est ce qui me permet d’avoir un regard extérieur plutôt neutre. Mais pas moins passionné.

PARTIE 1 : 2 idées qui me font réagir

Il y a beaucoup de raisons qui sont avancées et je suis d’accord avec la plupart d’entre elles.

Mais il y en a essentiellement 2 qui me font réagir.

Quand j’entends dire que le Trial c’est super dur et que c’est beaucoup plus dur que le cross, c’est pour ça que les jeunes se tournent vers le cross ou l’enduro, j’ai juste envie de dire : « C’est quoi qui est le plus dur ? Monter une marche d’1m ou s’envoyer un double de 20m ? »

Celui qui me répond que c’est de monter une marche d’1m, je lui propose de suite d’aller tenter le double de 20m…

Quand on monte la première fois sur une moto de cross, la première chose que l’on a envie de faire c’est sauter des bosses, mais on ne prend pas d’entrée un double de 20m…ou alors c’est qu’il nous manque un bout de cerveau…

Et bien en Trial, il me semble que c’est pareil, on apprend à monter une marche de 20cm, puis 40 etc…ça s’appelle la progressivité et l’apprentissage.

Et pour atteindre le haut niveau et devenir un champion, je ne pense pas que ce soit plus dur en Trial qu’en enduro. Il faut être doué, passionné et travailler ce don. Comme dans tout ce qu’un être humain peut entreprendre s’il veut devenir très fort dans un domaine.

Maintenant quand j’entends dire qu’une moto de Trial, c’est trop dur à conduire et trop élitiste, je me dis juste qu’on ne doit pas parler des mêmes motos.

Pour moi, c’est un vélo avec un moteur ! Donc très léger et très maniable. Donc, beaucoup de fun.

Alors oui, si c’est pour rouler sur la route, c’est peut-être plus facile de conduire un enduro (ou plutôt plus confortable). Mais dès qu’on attaque la rando dans la colline et que ça devient un peu engagé, celui qui me dit que c’est plus facile de passer un raidillon avec un enduro qu’avec un Trial, là aussi, je me dis qu’on ne parle pas de la même chose.

Bref, tout le monde cherche des explications à « Pourquoi le trial va mal? », j’ai juste envie de dire, c’est toute l’économie qui va mal en ce moment et il faut sûrement faire évoluer l’image de la moto Trial.

Et pour qu’il y ait plus de pratiquants, il faut susciter l’envie.

 

PARTIE 2 : Pourquoi je suis venu au Trial ?

J’habite entre Aubagne et Aix-en-Provence, une région où la population s’étend et repousse tous les jours un peu plus la lisière de la colline.
Comme beaucoup de petits garçons, j’ai toujours été passionné par la moto verte et j’ai naturellement commencé la moto avec une petite malaguti que mon père m’avait fabriqué à partir du cyclo de ma mère. Ensuite, je suis passé au 80YZ (c’est là où mes bras ont grandi de 10cm d’un coup…).
Et ensuite, l’adolescence, les filles, un retour vers le cross puis les études et pendant quelques temps, plus de moto verte.

2 enfants plus tard et la trentaine bien passée, je décidais de me remettre à la moto verte.
Le cross ? Compliqué car ça prend du temps (il faut partir la journée). Et surtout car il n’y a plus beaucoup de terrains dans le coin.
Je décide donc de m’acheter un Enduro, car je me dis que si j’ai 2h, pendant que les enfants font la sieste, je pourrai partir dans la colline pour décompresser.
Ce que j’ai fait.
Mais finalement, après quelques sorties, j’avais un goût très amer dans la bouche, car le stress permanent de regarder à chaque croisement s’il n’y a pas un garde forestier… Et c’est vrai qu’avec un 300EXC 2 temps, on vous entend arriver de très loin…

Et donc, au lieu d’aller me faire plaisir, j’étais finalement stressé car j’avais l’impression d’être un délinquant. Donc « ça m’a gonflé » !

C’est tout simplement comme ça que je suis arrivé dans le Trial.

Je me suis dit que ça faisait moins de bruit et que je serai sûrement moins stressé.

Et là, une fois que j’y ai goûté, j’ai de suite accroché et je me suis dit : « Putain Laurent, t’es trop con ! Pourquoi tu ne t’y es pas mis plus tôt ! » (Désolé pour les gros mots, c’est vraiment ce que je me suis dit…)

Et c’est comme ça qu’allant randonner dans la colline avec le Trial et en ayant envie de tenter de plus en plus des marches ou des raidillons impossibles, j’ai eu envie d’aller apprendre la technique dans des écoles de pilotage Trial, pour progresser plus rapidement et prendre plus de plaisir.

Et là, l’éclate totale !

Voilà donc ci-dessous tous les avantages que je trouve à ce sport et qui sont à mon avis des vrais avantages à véhiculer et promouvoir.

Le Trial, une vraie école de pilotage !

Que ce soit pour conduire un scooter ou un enduro, le Trial apprend les bases du pilotage : virage, équilibre, franchissement, montée, descente, pivot, etc…

Et malgré mes dizaines d’année de pratique moto (verte ou route), j’ai tout à apprendre ! Je progresse à chaque stage et je m’éclate ensuite en rando à mettre en pratique ce que j’ai appris. Je passe mieux, je tente des choses plus dures, bref je prends du plaisir.

Et c’est ça l’essentiel même de la pratique d’une activité : prendre du plaisir !

Le Trial pour progresser en Enduro :

Vous savez tous quel est le point commun entre Taddy Blazusiak et Cyril Despres ?

Et bien ils ont commencé tous les 2 par le Trial !
Et s’ils obtiennent les résultats qu’ils ont aujourd’hui, c’est sûrement parce qu’ils ont appris les bases du pilotage en faisant du Trial : franchissement, équilibre, précision…

Et pour se faire plaisir en Enduro et vraiment progresser, il est primordial d’avoir les bases du pilotage et c’est en Trial qu’elles s’apprennent.

Alors oui, ça ne fait pas le bruit d’un cross et ça n’a pas la puissance d’un enduro. Mais le plaisir de rouler dans la colline avec une brêle entre les jambes reste intact, croyez-moi ! (Même si de temps en temps, on aimerait s’assoir, mettre la poignée dans le coin et sentir l’arrière partir dans tous les sens ;-) )

S’équiper coûte moins cher

Une moto de trial coûte moins cher qu’un enduro ou un cross. Pour 2000€ on peut trouver une super occase et comme c’est mois dangereux que l’enduro ou le cross, seuls un casque, des bottes et une paire de gants peuvent être suffisants pour démarrer et assurer votre sécurité.

Mieux accepté par les promeneurs (Moins de bruit, moins vite)

Beaucoup moins de bruit qu’un cross ou un enduro, et on va moins vite, du coup on est « mieux » accepté vis à vis des promeneurs et des chasseurs…

Un petit créneau de 30mn et hop c’est parti !

Si on veut aller rouler mais que l’on n’a pas beaucoup de temps, il suffit de mettre les bottes, le casque, une paire de gants et d’aller s’amuser 30mn autour d’un rocher et déjà on se fait plaisir.
Vous pouvez même vous entrainer dans le garage, moteur arrêté à faire des séances d’équilibre ;-)

Zéro frustration quand on part en rando !

Une montée impossible ? Une marche d’1m ou 1 tronc d’arbre en travers pour continuer son chemin ? Avec un Trial, zéro stress ! On tente ! Ça passe partout ! Au pire, on prend la moto sur l’épaule et on passe l’obstacle…comme un vélo ;-)

Vous savez tous ce que veut dire « Trial » ? « Essayer » !

Le Trial a été inventé par des bergers Anglais et c’est vraiment ça l’esprit du Trial : Essayer !
Et c’est vrai qu’avec une moto plus maniable et plus légère, on n’a pas peur d’essayer et on y va.

Bref, c’est un peu comme une forme de liberté !

Ça consomme moins

Et oui, on va moins vite.

C’est moins dangereux

Moins de risque de s’enrouler autour d’un arbre à 70 à l’heure…

Pas besoin de beaucoup de place pour faire une zone

Pour faire une zone d’entrainement, il suffit de peu de place. Un parking est suffisant. C’est d’ailleurs une piste à exploiter pour faire connaître le Trial au plus grand nombre…

Une super ambiance, de l’entraide et des valeurs communes

Que ce soit à mon niveau (poireau du dimanche) ou au niveau des pilotes pro, je constate qu’il y a globalement une super ambiance. Avec des valeurs telles que l’entraide et le partage.

Bien évidemment, à un certain niveau dans le milieu du trial, il y a des tensions car des visions et des intérêts différents (comme dans une grande famille), mais globalement il y a une super ambiance dans les zones ou dans la colline entre potes.

Des Top pilotes accessibles

Et oui, la « starisation » n’a pas encore atteint le Trial et nos Top pilotes restent accessibles et vraiment très sympas.

C’est ce qui m’avait d’ailleurs frappé lors d’un premier rassemblement auquel j’avais participé il y a quelques années. Tout le monde se mélange dans la bonne humeur.

Passer du bon temps entre potes

Là, le Trial ne se démarque pas vraiment. C’est valable pour les 3 disciplines : Cross, Enduro et Trial. On en fait tous aussi pour passer du bon temps entre potes.

 

EN CONCLUSION

Alors vous voyez, malgré le climat morose qui reigne en ce moment autour du Trial, moi je trouve qu’il n’y a que des avantages et que le Trial est un sport d’avenir. A condition de véhiculer une image différente et de promouvoir les avantages et valeurs de ce sport…

Certes, le Trial n’aura jamais l’engouement du Cross ou du Supercross car il n’y a pas l’effet « Vitesse ». C’est d’ailleurs sûrement ça qui véhicule une image plus accrocheuse auprès des jeunes. Et oui, ils aiment avoir des sensations et se sentir « invincibles » au péril de leur vie, RedBull l’a bien compris…

Et puis un Cross, c’est puissant, très puissant. Donc ce côté « indomptable » et sensation à l’accélération plait également aux plus jeunes. C’est dans la nature de l’homme. Vouloir dompter les choses.

Mais, il y a beaucoup de personnes à qui il faudrait simplement faire goûter le Trial pour qu’ils accrochent comme ça a été le cas pour moi.

Juste « Essayer ». Ce qui est l’essence même de ce sport.

D’ailleurs, en même temps que j’écris ces lignes, je crois qu’on tient notre jingle ! Pour Nike, c’est « Just Do it ». Pour nous, ce sera « Just Try it ! »

Et pour apporter ma pierre à l’édifice, je pense que je vais lancer une campagne de visuels destinée à promouvoir le Trial et à véhiculer une image positive de ce sport qui est une vraie école de pilotage et qui a de vraies valeurs positives à partager.

Je compte sur vous pour les diffuser au plus grand nombre et faire connaitre notre sport ;-)

Voilà donc mon avis et mon expérience personnelle sur la question. C’est juste un avis parmi tant d’autres. Éloigné de la compétition certes, mais avisé quant à l’analyse de l’image véhiculée par ce sport car là par contre, c’est mon métier.

 

Trial des nations 2013

Commentaires

Commentaires

About Laurent (admin)

Passionné de tout ce qui a 2 roues, je suis tombé dans le Trial il y a peu de temps mais j'adore ça ! Que ce soit le sport en lui-même ou l'ambiance qui y règne, je trouve ça vraiment sympa. Et je n'arrête pas de me dire que j'aurais dû m'y mettre plus tôt car c'est une vraie école de pilotage !

4 Comments

  1. Super

    27/11/2013 at 10 h 42 min

    Magnifique!
    Une descrption fantastique.
    Je veus certainement diffuser votre message
    Est ce que je peus faire une petite traduction en espagnol?
    Merci

  2. Dechamps

    17/12/2013 at 17 h 14 min

    Bonjour,
    en effet le trial est la base de beaucoup de pilote en tout terrain. Aujourd’hui on voit la pratique devenir plus attrayante aussi avec le trial cross, les challenges à deux, les classiques trial, le freestyle trial…non le trial n’est pas mort, il n’a jamais été autant populaire qu’aujourd’hui, regardez le nombre de fresstyler en trial, l’engouement pour le trial cross, le trial aventure (notamment en amerique du nord et asie).
    au niveau mondial, le trial ce porte très bien, je crois que c’est au niveau des fédérations que le message l’engouement manque.
    Le trial c’est FUN, beaucoup plus que n’importe quelle autre moto tout terrain, un caillou et déjà l’on s’amuse. il faut redonner au jeune l’envie d’apprendre à rester stable sur la moto, pour cela il faut passer par le spectaculaire, le freestyle, le trial cross sont des points non négligeables…
    un trialiste amateur

  3. Champ pascal

    06/09/2014 at 16 h 50 min

    Bonjour, je viens de lire votre article avec beaucoup d.interet, tant il est interressant.
    En moto sur route depuis 20 ans , et fraichement debarqué de Paris à Auriol (13), j’ai troqué le Gsr pour un quad 400. Vous évoquez les difficultés a faire cohabiter les cross ou enduros avec les promeneurs du dimanche, je ne vous parlerai pas ici du regard porté sur le quad ! J’envisage tres fortement de me lancer dans le trial (de loisir) un vieux reve de gosse ou le trial avait lieux tous les ans dans la région Sancerroise et meme si j’ai aujourd’hui 44 balais je me dis que l.on doit encore trouver son équilibre ! Totalement novice en la matière j’aurrai aimer vous rencontrer afin de discuter de votre passion et m’éclairer sur le sujet. Votre article m.a encore plus donne envie de m.y mettre. Merci. Vous pouvez me repondre si vous le souhaitez en pv. Pascal Champ.

    • Petit Jean-François

      27/12/2014 at 12 h 16 min

      Bonjour
      J’habite aussi sur Auriol et partage votre analyse avec un vécu un peu similaire : reprise l’an passé de l’enduro sur 300 Gas Gas pour suivre un copain, aprés 20 ans d’arrêt mais difficultés pour rouler d’où stress et frustrations..je tenterais bien le Trial pour les mêmes raisons que vous!
      Début moto verte dans le Vaucluse d’où je viens (MC Goult et Apt) sur 50 cc Morini puis trial sur 125 TY puis moto cross sur 125 YZ puis quelques années enduro sur ma regretée HVA
      j’espère donc à très bientôt

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